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Si l'apprentissage ne va pas : ce qui existe vraiment

Un apprentissage qui se passe mal, ça arrive. Ce n'est pas la fin de tout. Voici ce que dit vraiment le droit suisse, et surtout : à qui en parler.

Tu as commencé un apprentissage et ça ne va pas. Ou c'est ton enfant qui te le dit. Avant toute chose : on ne va pas te promettre que tout va s'arranger, et on ne va pas te dire que tu vas forcément retrouver une place. On va te dire ce que le droit suisse prévoit, ce qui existe comme solution, et surtout qui peut t'aider concrètement. Le reste, c'est une discussion à avoir avec les bonnes personnes, pas avec un article.

Le temps d'essai : la période où tout est plus simple

Chaque contrat d'apprentissage commence par un temps d'essai. Sa durée est encadrée par la loi : au minimum un mois, au maximum trois mois. Si le contrat ne précise rien, c'est la durée de trois mois qui s'applique par défaut. Un employeur peut, exceptionnellement, la prolonger jusqu'à six mois, mais seulement avec l'accord de l'apprenti·e et l'autorisation de l'office cantonal de la formation professionnelle.

Pendant ce temps d'essai, l'employeur et l'apprenti·e peuvent mettre fin au contrat en tout temps, moyennant un préavis de sept jours. C'est la période la plus simple pour arrêter si vraiment ça ne colle pas, parce qu'aucun motif particulier n'est exigé.

⚠️ Les sources consultées ne détaillent pas la forme exacte de ce préavis (écrit ou oral). Inconnu, à demander à l'office cantonal de la formation professionnelle.

Après le temps d'essai : la résiliation devient plus encadrée

Une fois le temps d'essai passé, le contrat ne se résilie plus aussi facilement. Deux situations existent : par consentement mutuel (l'employeur et l'apprenti·e décident ensemble, à tout moment) ou pour de justes motifs (l'une des deux parties rompt immédiatement et unilatéralement, mais seulement pour des raisons valables reconnues par le droit : capacités insuffisantes du formateur, aptitudes physiques ou intellectuelles de l'apprenti·e incompatibles avec la formation, ou conditions devenues essentiellement différentes de ce qui était prévu).

Dans tous les cas, l'employeur doit avertir immédiatement l'office cantonal de la formation professionnelle, qui tente une conciliation ou propose une autre entreprise formatrice.

⚠️ Les sources consultées ne donnent pas de liste exhaustive de ce qui compte comme « juste motif » au-delà de ces exemples, ni la procédure exacte pour le faire reconnaître. À demander directement à l'office cantonal, pas à déduire soi-même.

Qui contacter, concrètement

C'est probablement la partie la plus importante de cet article, parce qu'un apprentissage qui se passe mal, ce n'est presque jamais un problème qu'on doit résoudre seul.

  • Le commissaire professionnel ou la commissaire professionnelle. Un·e spécialiste, généralement du même domaine de formation, qui se rend dans les entreprises pour vérifier la qualité de la formation pratique. C'est la première personne à contacter pour un problème lié à la formation elle-même (contenu, encadrement, respect du plan de formation).
  • Le conseiller ou la conseillère aux apprenti·e·s. Un rôle de médiation, confidentiel, pour les difficultés personnelles, relationnelles ou pédagogiques. Cette personne accompagne dans la recherche de solutions, elle ne tranche pas à ta place.
  • L'office cantonal de la formation professionnelle. L'autorité qui doit être informée en cas de résiliation, qui peut proposer une autre entreprise, et qui autorise certaines démarches (comme la prolongation du temps d'essai).
  • L'office d'orientation de ton canton. Utile pour reprendre la réflexion sur le métier lui-même, si la question n'est pas seulement « cette entreprise ne va pas » mais « ce métier ne me convient pas ».
  • L'école professionnelle. Un rôle d'accompagnement scolaire (cours d'appui, coaching) quand la difficulté vient plutôt du côté scolaire.

⚠️ Le nom exact de ces fonctions et les coordonnées précises varient d'un canton à l'autre. Ce qui est vérifié ici vient du canton de Vaud ; pour un autre canton romand, le point de contact exact est à demander à l'office cantonal ou à l'office d'orientation local, pas à supposer identique.

Changer d'entreprise, sans changer de métier

Si le problème vient de l'entreprise et pas du métier, il existe une voie qui ne casse pas tout : changer d'entreprise formatrice en gardant le même apprentissage. C'est exactement le rôle que peut jouer l'office cantonal quand il est averti d'une résiliation : proposer une autre entreprise pour continuer la même formation.

⚠️ Les sources consultées ne précisent pas si ce changement peut se faire sans résiliation formelle du contrat en cours, ni les délais moyens pour retrouver une place. Inconnu, à demander à l'office cantonal.

Se réorienter vers un autre métier

Changer de métier en cours de formation est une démarche différente et plus lourde : elle implique de résilier le contrat en cours, puis de retrouver une place dans le nouveau métier visé. Motifs les plus courants : le métier choisi n'est plus adapté à ses intérêts, des raisons de santé rendent la poursuite impossible, ou le projet professionnel a changé.

À savoir pour plus tard : une personne qui a déjà terminé une première formation initiale (un CFC, par exemple) peut ensuite entreprendre un apprentissage complémentaire, parfois de durée réduite, dans un métier proche.

⚠️ Les sources consultées ne donnent pas de règle générale sur la durée réduite d'un apprentissage complémentaire (elle dépend du métier). Non chiffré ici : à vérifier auprès de l'office cantonal pour le métier visé.

Les solutions transitoires : le temps de se stabiliser

Si tu n'as pas encore de nouvelle place d'apprentissage tout de suite, il existe des solutions transitoires, pensées justement pour cette situation intermédiaire.

  • Le semestre de motivation (SEMO). Pour les 15-25 ans sans diplôme du secondaire II qui cherchent une place d'apprentissage. Durée max. 10 mois en version standard : 3 jours de stage pratique par semaine, une journée et demie de formation individuelle, une demi-journée d'aide à la candidature. La variante SEMO plus dure jusqu'à 22 mois, pour des jeunes qui ont surtout besoin de renforcer leurs capacités de base pour le travail.
  • Le préapprentissage. Pour les adolescent·e·s et jeunes adultes qui n'ont pas encore réussi à démarrer un apprentissage dans un métier qui leur convient. En année de raccordement à plein temps en école, ou en alternance entre stage et école.
  • D'autres mesures de transition, de 6 à 12 mois selon les sources, existent aussi en commerce, art et artisanat, social et santé, technique, ainsi qu'une préparation gymnasiale.

Ces solutions sont organisées par les cantons ; l'inscription se fait au secrétariat de ton école actuelle ou auprès de l'institution qui organise la mesure. Les délais varient d'un canton à l'autre : à demander à l'office d'orientation.

⚠️ Les sources consultées ne donnent pas de liste exhaustive de toutes les solutions transitoires par canton romand. Pour une liste complète et à jour, l'office d'orientation reste la bonne adresse.

Ce qu'il faut retenir

  • Le temps d'essai (1 à 3 mois, jusqu'à 6 mois avec accord et autorisation) permet une résiliation simple, avec 7 jours de préavis, sans motif particulier à justifier.
  • Après le temps d'essai, la résiliation demande soit l'accord des deux parties, soit un juste motif reconnu par le droit.
  • L'employeur doit toujours informer l'office cantonal de la formation professionnelle en cas de résiliation ; cet office peut proposer une autre entreprise.
  • Changer d'entreprise en gardant le même métier est une voie possible, distincte de la réorientation vers un autre métier.
  • En attendant une nouvelle place, des solutions transitoires existent (semestre de motivation, préapprentissage, autres mesures cantonales).
  • Le bon réflexe, dans tous les cas : en parler, à un commissaire professionnel, à l'office cantonal de la formation professionnelle, à l'office d'orientation, ou à l'école professionnelle. Ce sont ces personnes qui connaissent ta situation précise, pas un article de blog.

Sources

  • Temps d'essai : durée min. 1 mois, max. 3 mois par défaut, prolongation jusqu'à 6 mois avec accord de l'apprenti·e et autorisation de l'office cantonal ; préavis de résiliation de 7 jours pendant le temps d'essai ; base légale CO art. 335b, 344a, 346 al. 1

    Date de lecture
    28.09.2026
  • Résiliation pendant le temps d'essai (préavis de 7 jours) ; après le temps d'essai : par consentement mutuel ou pour justes motifs (capacités insuffisantes du formateur, aptitudes de l'apprenti·e, conditions essentiellement différentes) ; obligation d'avertir immédiatement l'office cantonal de la formation professionnelle qui tente une conciliation ou propose une autre entreprise ; base légale CO art. 346, 337, 337c, 337d et OFPr art. 11

    Date de lecture
    28.09.2026
  • Contacts en cas de difficulté : commissaire professionnel (difficultés liées à la formation pratique), conseiller aux apprenti·e·s (médiation confidentielle pour difficultés relationnelles/personnelles), cours d'appui et coaching pour difficultés scolaires, Direction générale de l'enseignement postobligatoire comme contact cantonal (exemple du canton de Vaud)

    Date de lecture
    28.09.2026
  • Changer de métier en cours de formation : contacter le service de la formation professionnelle du canton et l'employeur pour résilier le contrat ; possibilité, après une première formation initiale terminée, d'un apprentissage complémentaire parfois de durée réduite dans un métier proche

    Date de lecture
    28.09.2026
  • Mesures de transition : programmes de 6 à 12 mois entre école obligatoire et formation professionnelle ou académique ; types (préapprentissages et années préparatoires, semestres de motivation, préapprentissage d'intégration, coaching de recherche de place, préparation gymnasiale) ; inscription au secrétariat de l'école ou auprès de l'institution organisatrice, modalités variables selon le canton

    Date de lecture
    28.09.2026
  • Semestre de motivation (SEMO) standard : pour les 15-25 ans sans diplôme du secondaire II et sans solution de raccordement, durée max. 10 mois, 3 jours de stage par semaine + 1,5 jour de formation individuelle + 0,5 jour d'aide à la candidature

    Date de lecture
    28.09.2026
  • Semestre de motivation (SEMO) plus : pour les 15-25 ans sans diplôme du secondaire II nécessitant un soutien individualisé, durée max. 22 mois, prépare à l'apprentissage, à l'école de culture générale ou à la maturité

    Date de lecture
    28.09.2026
AffirmationURLDate de lecture
Temps d'essai : durée min. 1 mois, max. 3 mois par défaut, prolongation jusqu'à 6 mois avec accord de l'apprenti·e et autorisation de l'office cantonal ; préavis de résiliation de 7 jours pendant le temps d'essai ; base légale CO art. 335b, 344a, 346 al. 1droits-des-apprentis.ch/detail/periode-dessai/28.09.2026
Résiliation pendant le temps d'essai (préavis de 7 jours) ; après le temps d'essai : par consentement mutuel ou pour justes motifs (capacités insuffisantes du formateur, aptitudes de l'apprenti·e, conditions essentiellement différentes) ; obligation d'avertir immédiatement l'office cantonal de la formation professionnelle qui tente une conciliation ou propose une autre entreprise ; base légale CO art. 346, 337, 337c, 337d et OFPr art. 11formationprof.ch/fr/lexique/resiliation-du-contrat-dapprentissage28.09.2026
Contacts en cas de difficulté : commissaire professionnel (difficultés liées à la formation pratique), conseiller aux apprenti·e·s (médiation confidentielle pour difficultés relationnelles/personnelles), cours d'appui et coaching pour difficultés scolaires, Direction générale de l'enseignement postobligatoire comme contact cantonal (exemple du canton de Vaud)vd.ch/formation/espace-entreprise-formatrice/soutiens-en-cas-de-difficultes-avec-votre-apprenti-e28.09.2026
Changer de métier en cours de formation : contacter le service de la formation professionnelle du canton et l'employeur pour résilier le contrat ; possibilité, après une première formation initiale terminée, d'un apprentissage complémentaire parfois de durée réduite dans un métier procheorientation.ch/dyn/show/13202?id=196, vd.ch/formation/orientation/comment-changer-de-metier-se-reorienter28.09.2026
Mesures de transition : programmes de 6 à 12 mois entre école obligatoire et formation professionnelle ou académique ; types (préapprentissages et années préparatoires, semestres de motivation, préapprentissage d'intégration, coaching de recherche de place, préparation gymnasiale) ; inscription au secrétariat de l'école ou auprès de l'institution organisatrice, modalités variables selon le cantonorientation.ch/dyn/show/743028.09.2026
Semestre de motivation (SEMO) standard : pour les 15-25 ans sans diplôme du secondaire II et sans solution de raccordement, durée max. 10 mois, 3 jours de stage par semaine + 1,5 jour de formation individuelle + 0,5 jour d'aide à la candidatureorientation.ch/fr/formations/semestre-de-motivation-semo/semestre-de-motivation-semo-standard28.09.2026
Semestre de motivation (SEMO) plus : pour les 15-25 ans sans diplôme du secondaire II nécessitant un soutien individualisé, durée max. 22 mois, prépare à l'apprentissage, à l'école de culture générale ou à la maturitéorientation.ch/dyn/show/2886?id=3187728.09.2026

Écrit par Damien Rosset · LinkedIn

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